Introduction


La sous-classe des Copépodes est représentée dans le plancton marin par des formes libres appartenant à huit des neuf ordres que comprend ce groupe de crustacés (Huys & Boxshall, 1991; Boxshall & Halsey, 2004): Platycopioida, Calanoida, Mormonilloida, Misophrioida, Harpacticoida, Cyclopoida, Siphonostomatoida, Monstrilloida.. Les Poecilostomatoida ne pouvant plus être considéré comme un groupe phylogénétiquement séparé des Cyclopoida et les Thaumatopsylloida non admis par les phylotaxinomistes précités. L'ordre des Gelyelloida est défini à partir d'espèces sous-terraines des systèmes karstiques.

Malgré l'immensité du volume des mers le nombre des espèces de copépodes planctoniques marins est relativement faible (environ 2500 formes connues à ce jour) comparé à celui des formes parasites ou benthiques. L'ensemble de toutes les espèces de copépodes, libres et parasites, représente un total, sans doute sous-évalué, proche de 11500 (Bowman & Abele,1982, Humes, 1994). Le nombre d'individus est à l'opposé quasiment incalculable, et constitue la plus grande part des métazoaires de la planète (supplanté peut-être par les nématodes).

Le rôle des copépodes libres dans l'écosystème pélagique est essentiel du point de vue trophique comme intermédiaire entre la production primaire et les larves et formes juvéniles des poissons et céphalopodes. Ils caractérisent de ce fait la production secondaire des aires marines. La composition spécifique et les cycles biologiques des espèces sont des facteurs essentiels à déterminer au cours du temps. Les espèces, liées aux caractéristiques des masses d'eau, constiuent des indicateurs précieux de celles-ci.

La plupart des aires marines ont été échantillonnées, bien qu'inégalement si l'on se réfère aux provinces océaniques, comme aussi dans les zones bathyales et abyssales des océans.

Le but de ce travail est de tenter une synthèse des connaissances actuelles sur la diversité des formes et de leur répartition géographique.
Cette base de données a l'ambition de servir, in fine, à un traitement d'ensemble afin de définir de grandes entités biogéographiques et de rechercher les mécanismes de dispersion ou d'isolement.
Sewell (1948, 1956) a montré la voie à suivre dans l'interprétation des observations géographiques des espèces. Les organismes planctoniques marins dépendent essentiellement des grands courants océaniques superficiels et profonds, ainsi que de leur localisation bathymétrique préférentielle (Murray & Hjort, 1912; Raymont, 1983), que vient compliquer leur plus ou moins grande aptitude à des migrations circadiennes et/ou ontogéniques.

L'ancienneté du groupe supposée post-précambrienne (Sharov, 1966; Boxshall, 1983, Huys & Boxshall, 1991) et la méconnaissance que nous avons de l'évolution des copépodes et de la chronologie d'apparition des genres (faute de fossiles), rendent difficiles toute interprétation en relation avec la dérive des continents.
Plus récemment Van der Spoel & Heyman (1983), en prenant en considération diverses formes zooplanctoniques, ont redéfini de grandes provinces biogéographiques.

L'écophysiologie des espèces est généralement insuffisamment connue ou peu exploitable pour comprendre leurs localisations. En revanche Brodsky & al.,1972 (in edit. Zvereva, 1972) ont montré l'importance de l'écomorphologie fonctionnelle pour expliquer par exemple la répartition géographique des Calanidae.

L'une des difficultés rencontrées afin de dresser la cartographie des espèces provient des descriptions souvent sommaires à l'origine ou insuffisamment figurées de celles-ci, entraînant des synonymies parfois complexes. Une littérature difficile à réunir et l'absence de faune mondiale, pourtant indispensable compte-tenu de la dispersion naturelle des espèces pélagiques, accroissent les difficultés d'identification. Grâce aux publications de Bradford-Grieve (1994, 1999) et Boxshall & Halsey (2004) une amélioration est notable (voir faunes précédées par * en fin de chapitre).

L'étude de la variabilité structurelle et l'approche biométrique des espèces au sein des populations sont rarement envisagées (Brodsky, 1965; Frost & Fleminger, 1968).

L' étude des structures épicuticulaires développée par Fleminger (1973), Vaupel Klein (1982), Mauchline (1988), ou celles des isoenzymes ou des ARN m (Sévigny & al., 1989; Cervelli & al., 1995; Bucklin & Marcus, 1985; Bucklin & al., 1989, 1995, 1996; Bucklin & Kocher, 1996; Kann & Wishner, 1996), ne peuvent qu'être associées à une identification initiale macroscopique.

Les inventaires systématiques fort nombreux, issus de travaux écologiques, sont parfois sujets à caution quel que soit le traitement mathématique sophistiqué qui leur est associé. Il suffit pour s'en convaincre de consulter les références bibliographiques dont fort peu font mention des faunes ou documents morphologiques utilisés et les sexes des animaux le plus souvent non précisés. De plus la pratique du fractionnement de la pêche en vue des comptages valorise les espèces les plus abondantes au détriment des formes plus rares mais intéressantes du point de vue géographique, comme des stades juvéniles.

Enfin le type d'engin (notamment le vide de mailles des filets), comme le mode de récolte utilisés introduisent des biais non négligeables. Plus important est sans doute le "moment" des prélèvements eu égard au cycle biologique des espèces. biologique des espèces.

Outre l'essai de synthèse de Sewell, nous disposons des localisations géographiques et de la fréquence des espèces de copépodes pélagiques , grâce à diverses expéditions marines d'importance, sous la forme de faunes "régionales" ( * in  Références ), de régions plus ou moins étendues, comme l'Atlantique nord et la Mer du Nord prospectés durant des années à l'aide du " Continuous Plankton Recorder " (Colebrook, 1975), ou de points géographiques liés à la présence de laboratoires marins datant pour certains de plus de cent vingt ans , et plus exceptionnellement de stations fixes au large ( voir  Liste des auteurs analysés ).

Un inventaire systématique général et zoogéographique peut, dans une certaine mesure, fournir des indications utiles lors des déterminations, ou du moins attirer l'attention sur des cas litigieux.
Soulignons le cas d'espèces endémiques observées dans des lieux géographiques parfois fort éloignés et le rôle des transports anthropiques (Carlton & Geller, 1993).

Cet essai traite de la totalité des espèces recensées à partir de l'ouvrage de Giesbrecht (1892 [en réalité "1893"], d'après Holthuis & Vervoort, 2006) jusqu'à 2013/2014. Il est fondé sur l'analyse de plus de six mille publications, soit d'ordre purement systématique, soit d'écologie. Il ne peut être considéré comme exhaustif, ni à l'abri d'erreurs ou d'oublis, mais les articles consultés correspondent à un "échantillonnage" mondial ( les auteurs et les régions prospectées sont cités en annexe:  Liste des auteurs analysés ). Dans le cas de certaines espèces l'analyse critique à partir de la littérature ne permet pas d'être assuré de leur validité ou de leur synonymie; ces cas sont indiqués en remarque pour chacune d'elles.

 

 

 Faunes et Références

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Razouls C., de Bovée F., Kouwenberg J. et Desreumaux N., 2005-2017. - Diversité et répartition géographique chez les Copépodes planctoniques marins. Disponible sur http://copepodes.obs-banyuls.fr 
[Accédé le 28 mai 2017]

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Copépodes planctoniques marins

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