Monstrilloida ( Ordre )
Monstrillidae Dana, 1849
Ref.: Giesbrecht, 1892 (p.80); Malaquin, 1901 (p.106); van Breemen, 1908 a (p.201, clé spp.); Sars, 1921 (p7); Rose, 1933 a (p.338); Sewell, 1949 (p.131, Rev.); Davis, 1949 a (p.245, Rev.); Razouls, 1972 (p.147); Davis & Green, 1974 (p.62); Isaac, 1974 (p.127); 1975 (n°144/145, p.2, genera key.); Kabata, 1979 (p.84); Razouls, 1982 (p.747); Bowman & Abele, 1982 (p.13); Zheng Zhong & al., 1984 (1989) (p.272); Huys & Boxshall, 1991 (p.154, 422, Rem.); Grygier, 1994 (p.235, 240-241); 1994 a (p.23); 1995 (p.245, 247, Rev.); 1995 a (p.1, Rev.); Chihara & Murano, 1997 (p.1002); Boxshall & Halsey, 2004 (p.16; 835: Def.; p.837: Genera key; Rem.); Grygier & Ohtsuka, 2008 (p.460, Rem.); Vives & Shmeleva, 2010 (p.156, Rem., Genera key); Suarez-Morales, 2011 (p.4, 8, Rem.: Rev.)
Rem.: 7 Genres ont été plus ou moins bien définis: Haemocera, Cymbasoma, Monstrilla, Monstrillopsis, Thaumaleus, Strilloma, Thaumatohessia.
Sewell (1949) donne les caractères généraux de 4 genres (Table, p.132). Davis (1949 a) met en synonymie d'une part Thaumaleus (au sens de Giesbrecht,1892, non Kröyer,1849) et Cymbasoma, d'autre part Monstrilla et Monstrillopsis.
Isaac (1975), dans les fiches d'identification du zooplancton (Feuilles 144/145), classe les espèces dans 5 genres: Monstrilla, Monstrillopsis, Thaumaleus, Thaumatohessia, Strilloma.
Huys & Boxshall (1991,154) n'en admettent que 3: Monstrilla, Thaumaleus, Monstrillopsis.
Grygier (1994) démontre l'identité entre Monstrilla Dana, 1849 et Thaumaleus Kröyer,1849; l'antériorité revenant à Monstrilla.
Dans l'attente d'une redéfinition plus correcte des genres, je n'ai tenu compte dans la compilation des espèces par genre que ce qui m'a semblé le mieux établi.
Grygier (1995 a, p1-82) fournit une synthèse bibliographique et un index des espèces et de leurs citations par les divers auteurs, avec remarques sur des synonymes. La description sommaire de l'espèce type Haemocera danae ne permet pas de retenir cette forme. De plus de nombreuses espèces sont mal décrites d'où des confusions synonymiques possibles.
Le maintien du genre Strilloma est discutable compte tenu de la qualité des illustrations. Type : Strilloma longa Isaac,1974. Suarez-Morales & Gasca (2004, p.292) confirment l'invalidité de ce genre.
La famille comprend actuellement (2004) 3 genres: Cymbasoma, Monstrilla, Monstrillopsis, plus une forme inclassable Thaumatohessia. D'après Grygier & Ohtsuka (2008, p.460), seulement 4 genres sont considérés actuellement comme clairement valides: Cymbasoma, Maemonstrilla, Monstrilla, Monstrillopsis. Pour Suarez-Morales (2011, p.4) 116 espèces sont recensées, 56 appartiennet au genre Monstrilla, 41 à Cymbasoma, 12 à Monstiloopsis, et 7 au récent genre Maemonstrilla, 10 autres espèces assigneées à un genre ou de validité douteuse demeurent de placement incertain.

Les formes constituant cette famille montrent un mode de parasitisme provisoire oo parasitisme prtélien (du grec pro: avant et teleios: adulte). A l'état adulte, ces formes sont bien différenciées pour la vie pélagique, à nage rapide. Elles possèdent un oeil nauplien et de robustes quatre paire de pattes thoraciques. Le dimorphisme seuel est accentué, le mâle étant plus petit que la femelle. Le tube digestif est atrophié et réduit à un mince cordon non fonctionnel. La tête et le thorax ne présente plus que les antennules, les appendices buccaux et les maxillipèdes ont disparus. Ainsi l'animal ne se nourrit pas et n'a plus qu'un rôle de reproducteur.
La particularité de ces organismes est qu’ils sont parasites pendant toute leur croissance comme l’avait constaté Giard (1896)sur une forme (Thaumaleus) parasite interne d’une Annélide Polydora giardi. D’autres Monstrillides ont été trouvés depuis, parasite dans des Syllidiens et des Salmacines. Malaquin reconnaît que que ce sont de véritables parasites internes (contrairement à l’opinion de Giard), localisés dans le système vasculaire de l’h-ote (sans communication avec l’extérieur) et ne sortant qu’à l’état adulte (d’où l’absence de formes juvéniles lors des pêches planctoniques).
Le cycle du développement a été suivi par Malaquin, 1901) sur haemocera danae) parasite des Salmacines. L’œuf se développe jusqu’au stade nauplius dans un sac ovigère fixé sur deux épines ovigères postérieures du segment génital de la femelle libre. Le nauplius est dépourvu de tube digestif et sa troisième paire d’appendices est réduite à une paire de crochets. Il nage activement, puis pénètre à travers le tégument dans une salmacine ; il mue alors, rejetant tégument et appendices et se réduit (comme dans le cas de la Sacculine) à un amas cellulaire indifférencié. Sous cette forme, il parvient (sans doute par cheminement amiboïde) dans le vaisseau longitudinal ventral de l’Annélide. Là il s’entoure d’une cuticule chitineuse.
Ce stade présente une forme allongée enclos dans un fourreau chitineux et développe à son extrémité antérieure deux lobes inarticulés qui s’allongent en deux longs appendices intravasculaires, jouant le rôle d’appendices absorbants du sang de l’hôte. Chez les espèces parasites des Polydores et des Syllis, il n’y a qu’une paire de ces appendices ; chez Monstrilla danae des Salmacines, il y en a deux ; Haemocera danae en possède trois paires inégalement développées ; Chez Monstrilla helgolandica Claus, 1863, parasite du Gastéropode Odostomia rissoides trouvé et étudié par Pelseneer, la présence de trois paires de tentacules est constante (d’où la tentation d’en déduire que ces formations sont homologues des appendices naupliens comme l’affirme Malaquin, ou des formations adaptatives totalement nouvelles. La signification morphologiqe de ces appendices reste à élucider).
La première cuticule chitineuse formée autour du parasite est rejetée et remplacée par une autre, qui formera une enveloppe extensible, persistant tout le reste du développement ; elle est garnie postérieurement de rangées de petitesépines et cconstitue le fourreau qui appartient en propre au parasite et a vraissemblablement la valeur morphologique d’une mue. Se nourrissant par absorption, au moyen des appendices antérieurs, l’adulte se différencie progressivement avec tous ses organes et appendices et ses glandes génitales. Une fois complétement formé, il brise la cuticule larvaire et sort de l’hôte où iles deux sexes mènent une vie pélagique. Bien que sexuellement mûr, ce stade libre doit être qualifié de préadulte car une mue supplémentaire intervient. Les mâles et les femelles sont dépourvus des appendices céphaliques à l’exception des antennes et d’une trace buccale, ce qui leur confère un habitus caractéristique. Leur durée de vie dans le milieu, généralement côtier et littoral (du fait des localisations benthiques de leurs hôtes) est encore inconnue.
Le développement larvaire des Thespesiopsyllidae est moins connu que celui des Monstrillidae. Les observations de Bresciani et Lützen (1962) réalisées sur Thespesiopsyllus paradoxus (Sars, 1921), parasite de l’Ophiure Ophiopholis aculeata montrent que les modalités du cycle sont différentes de celles d’Haemocera danae. Le stade métanauplius à quatre paires d’appendices vivant dans l’estomac de leur hôte. Ces larves muent pour donner un copépodite qui sort de l’Ophiure par la bouche pour mener une vie libre. Le nombre de stades qui séparent ce cvopépodite de l’adulte est inconnu.
Famille Monstrillidae - Planche 1issued : A. Raibaut in Traité de Zoologie. Crustacés, VII (2). Edit. Masson, 1996. Copépodes. II. Les copépodes parasites. [p.691, Fig.245]. Biological cycle of Haemocera danae (Claparède, 1863) [drawing by the authot (1985) after Malaquin, 1901].
A, free naulius; B, nauplius going acrross integument of the annelid host; C, naupliar cells mass; D-G, four stages of naupliar development; H, parasitic terminal stage female; I, free adult female; J, parasitic terminal stage male; K, free adulut male with spermatophores.
(1) Cymbasoma Thompson, 1888
Syn.: Thaumaleus : Giesbrecht, 1892 (p.80, 578), non Kröyer, 1849; Malaquin, 1901 (p.106); van Breemen, 1908 a (p.201); Isaac, 1974 (p.128); 1975 (p.2)
Ref.: I.C. Thompson, 1888 b (p.154); Sars, 1921 (p.19); Sewell, 1949 (p.132); Wilson, 1932 a (p.395); Rose, 1933 a (p.346); Threlkeld, 1977 (p.227); Razouls,1982 (p.758); Grygier, 1994 (p.241); 1994 a (p.24); Chihara & Murano, 1997 (p.1002); Suarez-Morales & Riccardi, 1997 (p.105, key spp. M); Suarez-Morales, 1999 (p.71: key of M. in Méditerranean Sea); Suarez-Morales, 2000 a (p.209, key of M); Suarez-Morales, 2000 d (p.144, Rem.); Boxshall & Halsey, 2004 (p.837); Grygier & Ohtsuka, 2008 (p.460, Rem.); Vives & Shmeleva, 2010 (p.157, Rem., spp. key); Chang, C.Y, 2012 (p.131)
Rem.: type: Cymbasoma rigidum Thompson,1888. 41 espèces in Suarez-Morales, 2011 (p.4).
Remarques sur les dimensions et le sex-ratio:
La moyenne des longueurs des femelles est de 2,654 mm (n= 21; S= 1,61; Cv= 0,607) et de 1,408 mm pour les mâles (n= 16; S= 0,586; Cv= 0,416). Le rapport des longueurs (M/F) est de 0,659 ou 65,9 % (n= 10; S= 0,199; Cv= 0,302). Si l'on exclut les trois espèces dont les longueurs sont exceptionellement fortes (8, 4,8 et 4,8 mm) on obtient pour les femelles 2,119 mm et 1,346 mm pour les mâles, avec un rapport (M/F) de 0,671.
Guanabaraenia Oliveira, 1945
Ref.: Oliveira, 1945 a (p.468); Razouls, 1982 (p.770)
Rem.: non Monstrillide
Haemocera Malaquin, 1896
Ref.: Malaquin, 1901 (p.108); van Breemen, 1908 a (p.202); Razouls, 1982 (p.770); Grygier, 1994 (p.240, Rem.); 1995 a (p.)
Rem.: Sars (1921, p.9) considère ce genre comme synonyme de Cymbasoma. Isaac (1974, 1975) ne reconnaît pas ce genre et ne retient pas les critères génériques in Sewell, 1949 (p.132). 1 espèce (non identifiable)
(2) Maemonstrilla Grygier & Ohtsuka, 2008
Ref.: Grygier & Ohtsuka, 2008 (p.462, Key to the Rtukyu species)
Rem.: Type: Maemonstrilla hyottoko. Avec 2 espèces-groupes: kyottoko groupe et turgida groupe. 7 sepèces.
(3) Monstrilla Dana, 1849
Syn.: Monstrilla Dana,1849; Thaumatoëssa Kröyer, 1845 (= Thaumatoessia); Thaumaleus Kröyer, 1849 (in Damkaer & Damkaer, 1979, p.43); Monstrillopsis : Davis, 1949 a (p.246); Davis & Green, 1974 (p.62, 63); Strilloma : Isaac, 1974 a (p.134); 1975 (n°144/145, p.2, 6, 9); Razouls, 1982 (p.769)
Ref.: Claus, 1863 (p.164); Bourne, 1890 b (p.574); Giesbrecht, 1892 (p.80, 585); van Breemen, 1908 a (p.202); A. Scott, 1909 (p.234); Pesta, 1920 (p.635); Sars, 1921 (p.10); Wilson, 1932 a (p.393); Rose, 1933 a (p.339); Davis, 1949 a (p.246); Sewell, 1949 (p.131, 132, Rev.); Ramirez, 1971 b (p.379); Davis & Green, 1974 (p.62, Rem.); Isaac, 1974 (p.128); 1975 (n°144/145, p.2, 7, spp. key); 1975 b (p.163); Razouls, 1982 (p.761); Huys & Boxshall,1991 (p.154, 464); Grygier, 1994 (p.241, Rem.); 1995 (B.Z.N., 52 (3), p.245); B.Z.N., 1997, 54 (2) (p.131); Boxshall & Halsey, 2004 (p.837); Grygier & Ohtsuka, 2008 (p.460, Rem.)Vives & Shmeleva, 2010 (p.172, Rem., spp.key)
Rem.: Type: Monstrilla viridis Dana, 1849. 57 espèces (dont plusieurs douteuses). Nombre provisoire, les espèces du genre Monstrillopsis devant sans doute être incorporées à ce genre (Davis, 1949 a; Davis & Green, 1974).
Remarques sur les dimensions et le sex-ratio:
La moyenne des longueurs des femelles est de 2,713 mm (n= 28; S= 0,899; Cv= 0,331) et de 1,711 mm pour les mâles (n= 18; S= 0,783; Cv= 0,458). Le rapport des longueurs (M/F) est de 0,637 ou 63,7 % (n= 9; S= 0,138; Cv= 0,217)
(4) Monstrillopsis Sars, 1921
Ref.: Sars, 1921 (p.25, Rem.); Davis, 1949 a (p.246, Rem.); Sewell, 1949 (p.132, Rem.); Davis & Green, 1974 (p.62, Rem.); Isaac, 1974 (p.127); 1975 (n°144/145, p.2, clé spp.); Razouls, 1982 (p.768); Huys & Boxshall, 1991 (p.154,162, 165, 465); Grygier, 1994 (p.240, Rem.); Boxshall & Halsey, 2004 (p.837); Suarez-Morales & al., 2006 (p.101-105, tab.1, key females); Grygier & Ohtsuka, 2008 (p.460, Rem.); Vives & Shmeleva, 2010 (p.186, Rem., spp. key)
Rem.: type: Monstrilla dubia T. Scott,1904 . Les auteurs ne sont pas en accord sur la validité de ce genre malgré les arguments de Davis (1949 a) : ? Cf. Monstrilla. 12 espèces.
Remarques sur les dimensions et le sex-ratio:
La moyenne des longueurs des femelles est de 2,071 mm (n= 6; S= 0,635; Cv= 0,307) et de 1,168 mm pour les mâles (n= 5; S= 0,579; Cv= 0,496). Le rapport des longueurs (M/F) est de 0,566 ou 56,6 % (n= 4; S= 0,22; Cv= 0,389)
Strilloma Isaac, 1974
Ref.: Isaac, 1974 a (p.134); 1975 (n°144/145, p.2, 6, 9); Razouls, 1982 (p.769); Huys & Boxshall, 1991 (p.154, Rem.); Boxshall & Halsey, 2004 (p.837)
Rem.: Le maintien de ce genre est discutable compte tenu de la qualité des illustrations. Type : Strilloma longa Isaac,1974. Suarez-Morales & Gasca (2004, p.292) confirment l'invalidité de ce genre.
Thaumaleus Kröyer, 1849
Syn.: Thaumatoëssa Kröyer, 1842-45; non Thaumaleus : Giesbrecht, 1892 (p.578)
Ref.: Malaquin, 1901 (p.85, 108); A. Scott, 1909 (p.239); Pesta, 1920 (p.632); Isaac, 1974 (p.128); 1975 (n°144/145, p.2, 3, 8, clé spp.); Threlkeld, 1977 (p.227); Razouls, 1982 (p.754); Huys & Boxshall, 1991 (p.154); Gryier, 1994 (p.235 & suiv., Rem.); 1995 (B.Z.N., 52 (3) (p.245); B.Z.N., 1997, 54, (2) (p.131)
Rem.: Type: Thaumaleus typicus Kröyer, 1849. Cf. Cymbasoma et Monstrilla
Thaumatoessa Kröyer in Gaimard, 1842-1845 ?
Syn.: Thaumaleus Kröyer,1849; Monstrilla Dana,1849
Ref.: Grygier,1994 (p.241, Rem.)
Rem.: Malgré la règle de priorité, Grygier (1994) propose le maintien de Monstrilla sur Thaumatoessa et sur Thaumaleus (celui-ci étant considéré comme établi postérieurement)
(0) Thaumatohessia Giard, 1900 (? Monstrillidae )
Ref.: Giard, 1900 (p.396); Isaac, 1975 (n°144/145, p.2); Razouls, 1982 (p.769); Huys & Boxshall, 1991 (p.154, Rem.)
Rem.: Ce genre créé pour comprendre une espèce tout à fait originale (Thaumatohessia armoricana (Hesse,1868) ne correspond pas à la diagnose de la famille, mais appartenant peut-être à une forme néoténique d'une espèce de l'un des genres précédents. Cette forme atypique qui présente des pièces buccales rudimentaires n'a jamais été retrouvée à Brest (parmi des corallines: Griffithsia corallina)
Informations complémentaires pour la famille des Monstrillidae ( retour aux informations principales )
Historique :
 
     Parmi les copépodes pélagiques les Monstrillides constituent un cas particulier en raison des particularités de leur cycle biologique méroplanctonique et comme mode de parasitisme de type protélien. Numériquement, ils sont faiblement représentés dans les pêches qui sont généralement non adaptées à leur recherche. ils se distinguent aisément des autres copépodes par leur grande taille et leur morphologie.
     Depuis le travail de Malaquin (1901) sur la biologie des Monstrillides qui comprend une première révision du groupe, nous ne disposons pas de nouvelles études d'ensemble les concernant à l'exception de nombreuses descriptions d'espèces nouvelles.
     Une certaine confusion existe dans les synonymies par suite des quelques révisions envisagées: Van Breemen (1908 a), Sars (1921), Sars (1921), Wilson (1932 a), Sewell (1949), Davis (1949).

     Pour Malaquin, la famille des Monstrillides comprend les deux genres revus par Giesbrecht (1892), plus un troisième créé par cet auteur en 1896, dont les caractères taxinomiques sont les suivants:
 
G1: Thaumaleus Kröyer,1849
     Syn.: Monstrilla : Claparède, 1863; Möbius, 1884; Bourne, 1890; Cymbasoma : Thompson, 1888.
 
Ur : (F) : 2 Sgts; (M) : 3
F : (F) : 3 soies; (M) : 3 ou 4
A1 : (F) : 3 ou 4 Sgts; (M) : 5
Bouche en avant du céphalothorax.
 
G2: Monstrilla Dana,1848
     Syn.: Cymbasoma : Thompson,1887
 
Ur : (F) : 4 Sgts; (M) : 4
F : (F & M ): 5 ou 6 soies
A1 : (F) : 4 Sgts; (M) : 5
Bouche au milieu du céphalothorax
 
G3: Haemocera Malaquin,1896
     Syn.: Monstrilla : Claparède, 1863; Bourne, 1890; Thompson, 1893
 
Ur: (F) : 3 Sgts; (M) : 4
F: (F) : 3 ou 4 soies; (M) : 4
A1: (F) : 4 Sgts; (M) : 5
Bouche en avant du céphalothorax.
 

     En 1921, Sars divise le sous-ordre des Monstrillides en deux sections bien définies comprenant chacune une seule famille:
Section 1: Monstrilloida cyclopimorpha avec la famille des Thaumatopsyllidae.
 
G: Thaumatopsyllus avec l'espèce type Thaumatopsyllus paradoxus Sars,1913.
     Les copépodes qui appartiennent à cette famille sont aisément identifiables par la forme de leur corps de type cyclopoïde, la présence de trois paires de pattes thoraciques bien développées, l'articulation du corps entre les segments thoraciques 3 et 4, le segment anal très allongé.
 
Section 2: Monstrilloida genuina avec la famille des Monstrillidae
     Cette famille comprend les deux genres définis antérieurement: Monstrilla Dana,1848 qui serait synonyme de Thaumaleus (Kröyer) non Giesbrecht. Le genre Thaumaleus utilisé par Giesbrect (1892) serait synonyme de Cymbasoma Thompson (1888) auquel il faudrait rallier le genre Haemocera créé par Malaquin (1896). Le critère principal de Sars repose sur le nombre de soies furcales chez la femelle. Sars crée en plus le genre Monstrillopsis afin d'y inclure l'espèce décrite par Scott (1904): Monstrilla dubia .
Les caractères de ces trois genres sont les suivants:
 
G1: Monstrilla Dana,1848
 
Ur: (F) : 3 Sgts; (M) : 4
F: (F) : 5 ou 6 soies; (M) : 4 ou 5 soies
Bouche généralement loin du front
P5 à 2 ou 3 soies
 
G2: Cymbasoma Thompson,1888
 
Ur: (F) : 2 Sgts; (M) : 3
F: (F) : 3 soies; (M) : 4 (parfois 3 soies ?)
A1: (F) : 4 Sgts; (M) : 5
Bouche plus près du front
P5 (F) à 2 lobes
 
G3: Monstrillopsis Sars,1921
 
Ur: (F) : 3 Sgts; (M) : 4
F: (F & M) : 4 soies
A1: (F) : 4 Sgts; (M) : 5
Bouche près du front
P5 bilobé (F); absent chez le mâle
 
G4: Thaumaleus Kröyer,1849
 
Ur: (F) : 2 Sgts, (M) : 3
F: linéaire, (F) : 5 soies
Bouche éloignée du bord antérieur de la tête
P4 femelle aussi longues que les autres paires de pattes.
 

     Dans la "Faune de France", Rose (1933 a) reprend la classification de Sars. Cet auteur décrit sommairement neuf espèces du genre Monstrilla , neuf espèces du genre Cymbasoma et l'unique espèce du genre Monstrillopsis .
Monstrilla anglica Lubbock, 1857; M clavata Sars, 1921; M. gracilicauda Giesbrecht, 1892; M. grandis Giesbrecht, 1891; M. helgolandica Claus, 1863; M. longicornis Thompson, 1890; M. longiremis Giesbrecht, 1892; M. leucopis Sars, 1921; M. serricornis Sars, 1921.
Cymbasoma filogranarum (Malaquin, 1896) ; C. longispinosum (Bourne, 1890); C. malaquini (Caullery & Mesnil, 1914); C. reticulatum (Giesbrecht, 1892); C rigidum Thompson, 1888; C. roscovita (Malaquin, 1901); C. rostrata (T. Scott, 1904); C. thompsoni (Giesbrecht, 1892); C. zetlandica (T. Scott, 1904).
Monstrillopsis dubia (T. Scott, 1904).
 
     En 1949, deux révisions des monstrillides sont réalisées séparément par Sewell et Davis. Ces deux auteurs n'admettent pas les genres définis par Sars, mais divergent dans leur conclusion. Les sections crées par Sars sont maintenues ainsi que le genre Thesiopsyllus de Wilson (1932 a); Sewell ajoute à la section des Cyclopimorphes un nouveau genre: Orientopsyllus .
     La famille des Monstrillidae comprendrait les trois genres de Sars, mais aussi le maintien du genre Haemocera de Malaquin (non retenu par Rose qui considère H. danae comme synonyme de Cymbasoma rigidum ) et éventuellement le genre Thaumaleus de Kröyer (1849) dont le type serait T. typicus. Al Kholy (1963) étudie quelques espèces de Monstrillides de la Mer Rouge et décrit deux espèces nouvelles et une variété. Cet auteur expose brièvement les critères de la classification de Sewell qui sont résumés dans le tableau ci-après.
Le nombre des segments de l'urosome et le nombre des soies furcales permettent de séparer les genres Cymbasoma et Monstrilla . Les autres caractères n'autorisent pas la création d' autres genres. La famille des Monstrillidae ne comprend alors que deux genres: Monstrilla et Cymbasoma (Syn.: Monstrillopsis Sars et Haemocera Malaquin)
   

 
Monstrilla
Monstrillopsis
Haemocera
Cymbasoma
 
Urs: Sgts Femelle
 
Mâle
 
3 ou 4
 
4
 
3
 
4
 
3
 
4
 
2
 
3
 
F: Soies Femelle
 
Mâle
 
5 ou 6
 
4 ou 6
 
4
 
4
 
3 ou 4
 
3 ou 4
 
3 ou 4
 
3 ou 4
 
 
Bouche
 
au milieu
 
en avant
 
en avant
 
en avant
 
A1 : Sgts Femelle
 
Mâle
 
4 ou 5 (pls 2)
 
5
 
4
 
5
 
4
 
5
 
3 ou 4
 
5
 
P5 Mâle
 
2 soies
 
0
 
0
 
0
 
Yeux
 
peu développés
 
développés
 
développés
 
développés

 
 
     Davis fait paraître en 1949, à propos de la description de deux espèces nouvelles, une révision des Monstrillides accompagnée d'une clé basée sur les descriptions des divers auteurs. La séparation des genres d'après le nombre des segments de l'urosome ne constituerait pas un bon critère, certaines espèces présentant une tendance à la fusion des segments. Il suggère que toutes les espèces pourraient n'appartenir qu'à un seul genre: Monstrilla . Cet auteur propose provisoirement de classer les espèces dans les deux genres: Monstrilla (Syn.: Monstrillopsis ) et Thaumaleus (Syn.: Cymbasoma ).
Les espèces connues se répartissent alors de la façon suivante:
 
G.1: Monstrilla
M. anglica Lubbock, 1857; M. clavata Sars, 1921; M. canadensis McMurrich, 1917; M. conjunctiva Giesbrecht, 1902; M. cymbula A. Scott, 1909; M. dakinensis Davis, 1949; M. dubia T. Scott, 1904; M. floridana Davis, 1949; M. gracilicauda Giesbrecht, 1892; M. grandis Giesbrecht, 1891; M. helgolandica Claus, 1863; M. inserta A. Scott, 1909; M. leucopis Sars, 1921; M. longicornis Thompson, 1890; M. longipes A. Scott, 1909; M. longiremis Giesbrecht, 1892; M. mixta T. Scott, 1914; M. nicholsii Davis, 1949; M. orcula A. Scott, 1909; M. ostroumowi Karavaev, 1894; M. reticulata Davis, 1949; M. rugosa Davis, 1947; M. serricornis Sars, 1921; M. turgida A. Scott, 1909; M. wandelii Stephensen, 1913.
 
G.2: Thaumaleus
T. bullatus A. Scott, 1909; T. danae (Claparède, 1863); T. gigas A. Scott, 1909); T. gracile (Gurney, 1927); T. longispinosus (Bourne, 1890); T. quadridens (Davis, 1947); T. rigidum (Thompson, 1888); T. thompsoni Giesbrecht, 1892.
 
Remarques: Monstrilla viridis Dana,1849 de la mer de Sulu est omis en raison de sa description insuffisante. La description de quatre espèces par Davis (1947 et 1949 a): Monstrilla floridana , M. reticulata , M. rugosa et Cymbasoma quadridens incite l'auteur à considérer les deux genres Monstrilla et Monstrillopsis comme synonymes, de même que Thaumaleus et Cymbasoma , qu'il confirme en 1974.
Le genre Haemocera semble devoir être maintenu du fait de la synonymie discutable entre Monstrilla danae Claparède, 1863 et Haemocera danae Malaquin, 1901 ( in Sewell, 1949, remarque: p.145), bien que Grygier (1995 a, p.62) les considèrent comme synonymes.
La définition de ces différents genres serait la suivante:
 

 
 
Monstrilla
 
Haemocera
 
Cymbasoma
 
 
Thaumaleus
 
Ur : Sgts Femelle
 
Mâle
 
3 ou 4
 
4
 
3
 
4
 
2
 
3
 
2
 
3
 
F (soies): Femelle
 
Mâle
 
4 à 6
 
4 à 6
 
3
 
4
 
large, 3
 
" , 4
 
étroite , 3
 
" , 4

 
     Grygier (1994) réetudie l'espèce type Thaumatoessa typica illustré antérieurement ( in Atlas de Zoologie de Gaimard, 1842-1845 ?) par Kröyer et redécrit par cet auteur comme Thaumaleus typicus en 1849 ( in Damkaer & Damkaer, 1979) à partir d'un stade juvénile 5 femelle trouvé à l'entrée de Trondheimsfjorden (Norvège). Malgré l'antériorité du genre Thaumatoessa le genre Thaumaleus devrait être maintenu (Bulletin of Zoological Nomenclature, 52 (3), p.245). Cependant T. typica peut être un synonyme senior de Monstrilla longicornis Thompson,1890 et de Monstrilla clavata Sars,1921. Le genre Monstrilla , étant défini par l'espèce type Monstrilla viridis Dana, 1849 (non 1848), type de la famille des Monstrillidae (Grygier, 1995, p.247) est devenu d'usage courant.. Par ailleurs de nombreuses espèces ont été attibuées au genre Thaumaleus bien qu' identifiables au genre Cymbasoma avec pour espèce type Cymbasoma rigidum Thompson,1888
 
     En 1974 Isaac crée le genre Strilloma avec pour espèce type Strilloma longa trouvé en Floride (Dry Tortugas), et repris dans les fiches d'identification du plancton de la CIEM (1975, n°144/145, p.2, 6, 9), mais contesté par Huys & Boxshall, 1991 (p.154, Rem .). L'auteur y inclus Strilloma lata (Desai & Bal,1963 comme Monstrilla lata ) de l'Océan Indien (Bombay) et de l'est de l'Ecosse (Firth of Forth). Le maintien de ce genre est discutable compte tenu de la qualité des illustrations.
 
     Une contribution importante à la connaissance de nombreuses nouvelles espèces (12) est due à Suarez-Morales et coll. au cours de cette dernière période (1992-2004).
 

     Ce court historique des diverses révisions de la famille des Monstrillidae et le recensement des espèces qu'il m'a été possible d'établir à partir des publications dont je dispose actuellement permet de tirer les conclusions suivantes:
     De nombreuse espèces insuffisamment décrites nécessitent de nouvelles observations dans les localités types afin de permettre une clarification des synonymies.
     L' élevage s'avère nécessaire si l'on suit l'opinion de Malaquin sur les répercussions de la dégénérescese de ces organismes sur les critères utilisés pour leur classification.
     La spécificité parasitaire, par un examen et l'élevage de Polychètes et de Gastéropodes, serait un complément utile.
     Le consensus actuel semble ne considérer que deux genres dans la famille des Monstrillidae: Cymbasoma et Monstrilla , plus éventuellement le cas atypique de Thaumatohessia Giard,1900.
     Diverses identifications, sans commentaires, dans les listes faunistiques sont discutables. Dans ces conditions la répartition géographique des espèces demeure très incertaine.
     Les travaux approfondis de Suarez-Morales ces dernières années et en cours devraient clarifier l'ensemble de cet ordre.

 Toute utilisation de ce site pour une publication sera mentionnée avec la référence suivante :

Razouls C., de Bovée F., Kouwenberg J. et Desreumaux N., 2005-2012. - Diversité et répartition géographique chez les Copépodes planctoniques marins. Disponible sur http://copepodes.obs-banyuls.fr 
[Accédé le 21 mai 2013]

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